dimanche 17 août 2008

La Ville de Tebessa et ses monuments

La ville de Tébessa

Un musée à ciel ouvert


Musee de TebessaSituée à quelques kilomètres de la frontière tunisienne, Tébessa, l’antique Théveste, est une ville qui offre aux yeux des badauds une nature vaste et variée, tantôt des plaines vertes, tantôt des terres arides. Le visiteur de la ville qui a vu naître cheikh El Arbi Tebessi gardera à jamais le souvenir indélébile de ses beaux paysages et l’hospitalité de ses habitants.

« Notre ville est très riche en mosaïque, et elle recèle d’importants monuments et vestiges datant de l’époque romaine», dira d’emblée M. Sahar Mohamed Rebai, intérimaire du directeur du palais de la culture Mohamed Chebouki. De son côté, le responsable de la culture parlera longuement des vestiges de la région. A ce propos, il dira : « Tébessa ‘‘baigne’’ dans des monuments datant de la période romaine et s’étalant jusqu’à la civilisation musulmane, en passant par plusieurs autres civilisations, dont la byzantine. Les vestiges les plus célèbres dans notre wilaya sont le temple de Minerve, construit au 3ème siècle et classé en tant que musée depuis 1920, la basilique romaine, l’arc de Caracalla, la muraille byzantine, Tébessa El Khalia, l’amphithéâtre de Tébessa, le village du Youks et la basilique de Sainte-Crispine». Mme Amel Zenadi, guide touristique de la région, nous fera les honneurs de ces lieux mythiques et mystiques qui ceinturent la vieille ville. « Ces vestiges sont l’attrait majeur des gens vers notre wilaya », souligne notre guide en cours de route. Une fois à la basilique romaine, en restauration depuis plusieurs mois, on est en face d’un édifice qui remonte à une date incertaine, nous dit-elle. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’on est vite attiré par la touche particulière et architecture bien romaine, dont des courbures, des pleins cintres ou des chapiteaux ornés.

Avant d’entrer dans ce lieu saint, musée depuis 1972, un petit jardin archéologique s’ouvre aux visiteurs, amoureux de pièces antiques. Ce dernier comporte des statuettes anonymes, des inscriptions et d’autres objets. A l’intérieur de l’église, en levant les yeux, Vénus ou Aphrodite, déesses de l’Amour et de la Beauté, semblent recevoir avec élégance leurs « amoureux ». Ainsi, le visiteur est vite impressionné par la grandeur, les couleurs et l’importante collection de lampes funéraires que renferment ces lieux. En ce sens, Mme Zenadi affirme : « La collection de lampes funéraires est inédites.»

Au fond de l’église, un grand sarcophage impérial aux muses, en marbre sculpté, où chacune des muses est représentée avec un symbole qui la distingue. Au milieu du musée, une vitrine qui comporte des ustensiles et du verre phénicien, et aussi des lampes à huile. Sur ces dernières, faites d’argile, on peut apercevoir plusieurs dessins. Comme on y trouve différentes inscriptions. Parmi les pièces qu’on a vues, une ne pouvait pas passer inaperçue car elle porte le symbole d’Hitler. Notre guide a expliqué que « ce symbole, utilisé par les bouddhistes, était synonyme de porte bonheur ».

Une grande horloge solaire fait partie des objets rares que contient cette église, actuellement en restauration, l’a déjà été entre 1885 et 1905.
A côté de l’église se dresse une muraille très haute et épaisse, entourant tout le centre de la vieille ville. Il s’agit, en fait, du mur byzantin, qu’on appelle également la muraille de Solomon. « Ce mur, datant de 593, s’ouvre sur quatre portes : une sur le nord, la porte de Caracala, sur l’est, la porte de Solomon, sur l’ouest, la porte de Constantine, et une autre sur le sud», précisera Mme Zenadi. Notons que la porte de Caracala, actuellement en restauration, est la seconde plus grande porte romaine. Sur l’arc de la porte, on peut lire une dédicace faite pour Caracala. Il convient de signaler que les colonnes de la porte ont été bétonnées, ce qui leur enlève de leur esthétique, en plus des affiches qui y sont collées.

La basilique Sainte-Crispine, une ville dans une autre
« C’est la plus grande basilique d’Afrique du Nord», dira notre guide à propos de la basilique Sainte-Crispine, qui se trouve à quelques mètres de la porte de Caracala. «Ce monument basilical et ‘‘dédié’’ à Sainte-Crispine, tué devant ses deux enfants», dit-on.

A l’entrée de cet immense musée à ciel ouvert, une porte majestueuse s’ouvre pour accueillir les visiteurs. Une fois à l’intérieur, on est en face d’une grande cour, qui pouvait servir de promenoir. Un peu plus loin, on peut apercevoir l’entrée d’une catacombe, « consacrée à la pratique du christianisme clandestin, vers 385 ». Pour accéder à la basilique, dont la grandeur et l’épaisseur des colonnes ne laissent pas indifférent, on emprunte des marches en pierres. Toute la basilique est entourée de colonnes, dont deux doubles très hautes et posés sur des socles, en marbre. La hauteur des colonnes ne traduit que l’immensité de cette église. A droite des escaliers, un baptistère adossé à l’ancienne église. Au milieu de ce lieu saint, les restes d’un grand bassin, qui servait de vasque pour ablutions. On y remarque également une ouverture souterraine. «On dit que celle-ci s’ouvre sur une galerie souterraine, à travers laquelle on peut se rendre en Tunisie, ce qui reste à vérifier. On avance aussi l’hypothèse de la présence de tombes chrétiennes», explique Mme Zenadi.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la basilique servait de campement aux militaires. En effet, sur nombre de colonnes ou murs du musée, on peut lire les noms de plusieurs soldats.
Le parquet de l’église est en mosaïque. Elle est parfois visible, et parfois couverte de terre, «une manière de la sauvegarder», précise la guide touristique, qui connaît pierre par pierre ce monument. Et d’enchaîner : « Tébessa est classée la deuxième après Carthage pour les vestiges et monuments archéologiques qu’elle renferme.» Notons que la basilique a été découverte en 1880. Et, depuis, les protestants en route sur les traces de saint Augustin, qui officia dans cette église, viennent chaque année pour le pèlerinage.
A côté de la basilique, s’ouvre un espace, suivie d’un escalier par lequel on accède à plusieurs petits espaces, qui ont dû servir d’habitations aux moines et religieux. «C’est un hôtel de 19 chambres», précise-t-on. A proximité, de nombreux vestiges et tombes païennes et chrétiennes.
En sortant de « l’hôtel », une allée s’ouvre sur un grand jardin, donnant sur de nombreuses petites cellules. Il s’agit en fait des écuries, pouvant contenir 80 chevaux.
L’ensemble basilical ou ruines de la basilique Sainte-Crispine est entouré de chapelles, baptistères, catacombes et jardins. Il contient des allées, des écuries, de gigantesques escaliers, des chemins souterrains et beaucoup d’édifices. romains. Pour conclure, Mme Zenadi souligne : « Tous les vestiges et monuments de Tébessa sont mis en valeur et inscrits comme patrimoine archéologique.». C’est sur ces propos que prend fin notre « évasion archéologique ».


Les autorités ont dégagé une enveloppe budgétaire spéciale pour financer cinq grands chantiers. Il s’agit de l’inventaire des biens culturels immobiliers et immatériels et d’une banque de données des biens culturels immatériels de la wilaya, de la conservation de la muraille byzantine, de l’étude pour la préservation et la mise en valeur de l’église Sainte-Crispine, de la réalisation d’une clôture à Tébessa El Khalia et, enfin, de l’étude du plan permanant de sauvegarde et de mise en valeur du village de Youkous.
[ source ]
Par Tassadit Lazili, envoyée spéciale à Tébessa
La Tribune, édition du 17 AOUT 2008

mercredi 23 juillet 2008

Naama et la sauvegarde de son patrimoine folklorique


Naama et la sauvegarde de son patrimoine folklorique

Vue sur ses danses populaires…


Les habitants des zones rurales de la wilaya de Naama se montrent plus que jamais attachés à la sauvegarde des danses populaires connues dans la région, notamment celle que l’on nomme «hidous», la plus illustrative du folklore local.
La particularité de cette danse, qu’on retrouve souvent dans les fêtes familiales, est connue sous l’expression «hadhrat el hidous» d’origine amazighe et qui renvoie à la signification des rondes de danses homogènes avec un accompagnement musical composé de couplets de chants populaires. Dans les régions rurales de Aïn Sefra, ce genre est présenté comme étant une danse qu’interprètent une chaîne de danseurs, en ronde ou en ligne, ouverte même aux badauds à condition que chaque candidat ait la capacité physique et artistique d’effectuer des mouvements de corps fort rythmés, et ne fausse pas l’harmonie du groupe.

Ce type de chorégraphie traditionnelle est exécuté surtout par les habitants des ksour des oasis (Tiout, Aïn Sefra, Moghrar…) de l’Atlas saharien ouest, notamment dans les zones frontalières, à l’occasion des fêtes de mariage.

Selon un spécialiste des arts folkloriques et de la culture locale, Ali Nabti, cette danse populaire est également réputée au Maroc, du moins dans les zones proches des frontières avec l’Algérie, mais aussi dans certaines wilayas du sud d’Oran, et plus loin, en Kabylie et dans les Aurès mais avec des différences de style marquées.
Des groupes de danses folkloriques s’enorgueillissent du fait que le «hidous» soit ancré, depuis des siècles, dans cette région comme source de divertissements et de célébrations. Les représentations attirent des centaines de passionnés admiratifs de véritables tableaux d’art, de poèmes et chants traditionnels truffés d’expressions séculaires, d’adages, de maximes et d’aphorismes.

Un habitant de la localité frontalière de Ghallaba, cité par l’APS, explique que la danse hidous est répandue également parmi les tribus locales, telles les «Amour» et les «Hamiane» où femmes et hommes entonnent des qaçidate du langage local inspirées du terroir. Selon ce connaisseur, une cérémonie de mariage dans n’importe quelle localité de la région ne peut se concevoir sans ces fameuses chaînes de danse hidous formées d’hommes, de femmes, de jeunes et de moins jeunes, généralement vêtus d’habits traditionnels. Pour les hommes, la gandoura, le turban et la nécessaire ceinture ronde de couleur noire pour l’harmonie des mouvements corporels. Les femmes, elles, portent comme signes distinctifs un voile très ample de différents coloris, un foulard et une ceinture pour la finesse et la grâce du geste. A l’aide d’un tambour et d’un tambourin, «symboles de la rigueur et de la virilité», les chants interprétés lors du hidous expriment l’attachement du Bédouin à sa tribu, à sa terre et à son bétail.

Selon les traditions et croyances locales, ils traduisent ensuite certaines valeurs sociales et spirituelles telles que l’hospitalité qu’on doit aux enfants de retour au pays, le respect dû à tous les saints, l’honneur des parents, et renvoient également à la cavalerie, au baroud et, enfin, à l’amour de la patrie et la défense de ses idéaux.
D’une valeur culturelle et esthétique inégalable, ce patrimoine populaire se révèle être un véritable chef-d’œuvre du folklore national mais qui, hélas, a tendance à disparaître faute d’efforts suffisants pour sa sauvegarde.
[ source ]
Synthèse de Fella Bouredji
Photo : Zoheïr
La Tribune - Edition du 23 Juillet 2008

mardi 22 juillet 2008

Nouvelles Photos d'écoles - Ménerville

De nouvelles photos de la scolarité de Mme BENHENDA Yamina, ont été publié le 09 Juillet 2008 sur le site algerieautrefois.com (Année scolaire 1949-50) de l'école de Ménerville - Alger.

Dernière photo de classe reçue



publiée le 09 Juillet 2008
annee 1949-50
Classe C_ - Ménerville
Année scolaire 1949-50
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Mme BENHENDA Yamina
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vendredi 18 juillet 2008

DE NOUVELLES PHOTOS de classe d'école

De nouvelles photos de la scolarité de Mme HAENNIG Martine, ont été publié le 27 Mai 2008 sur le site algerieautrefois.com (Classe CE2 - année 1961-62, de l'école de Pointe Pescade - Alger.

Dernière photo de classe reçue



publiée le le 27 Mai 2008
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Classe CE2 - Pointe Pescade 1961-621961-62École Pointe Pescade - Alger - CE2 - annÉe 1961-62 Cliquez sur l'image
Mme HAENNIG Martine
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jeudi 1 mai 2008

Nouvelles photos école autrefois

De nouvelles photos de la scolarité de Mr LLOS Pierre , ont été publié le 29 Avril 2008 sur le site algerieautrefois.com (Classe préparatoire - année 1955. ainsi que d'autres photos de l'école Les Sources- Birmandreïs - Alger.


Dernière photo de classe reçue


publiée le le 29 Avril 2008
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École préparatoire Les Sources de Birmandreis - ALGER École Les Sources-Birmandreis - Alger
Cours prÉparatoire - annÉe 1955
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Mr LLOS Pierre

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jeudi 17 avril 2008

Le parc de l’Ahaggar sous haute protection

Le mois du patrimoine débute demain

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Le parc de l’Ahaggar sous haute protection


Balisage de pistes pédestres, interdiction des véhicules à certains sites, contrôle des touristes : le plus grand parc d’Algérie fait l’objet de mesures de protection renforcée pour préserver un patrimoine archéologique et biologique plus fragile qu’ailleurs.


C’est l’heure où les fauves vont boire. Dans l’air chaud et humide de la fin de journée, des femmes dansent. A quelques mètres, un homme immortalise la scène sur une paroi rocheuse. Il dessine également une girafe, comme celles qu’il croise tous les jours dans la vallée. Nous sommes dans l’Ahaggar, il y a plus de 5000 ans. Notre ancêtre habitait encore une savane verdoyante dont il ne subsiste aujourd’hui que des acacias. Mais ses peintures, elles, n’ont quasiment pas été altérées. A Mertoutek, un petit village du parc national de l’Ahaggar, à 230 km au nord-est de Tamanrasset, Messaouda Benmessaoud, attachée de conservation au parc et préhistorienne, s’extasie à chaque nouvelle visite sur le site. « On ne voit que l’ocre mais peut-être nos ancêtres avaient-ils utilisé d’autres couleurs à base de pigments végétaux, effacées avec le temps ? On ne sait pas non plus avec quel outil il gravait dans la roche ? » En soulevant ces questions, la préhistorienne aborde l’une des problématiques de l’art rupestre du parc national de l’Ahaggar, le plus grand de l’Algérie – 450 000 km2 – et un des plus vastes au monde : pour protéger un patrimoine, il faut d’abord le connaître. Or, à l’heure actuelle, très peu de sites, au regard de la superficie du parc, ont été fouillés et une partie seulement des vestiges et monuments a pu être inventoriée. Il en va de même pour le patrimoine naturel : le comportement de nombreuses espèces, à l’image du barbeau, un des quatre poissons répertoriés dans le désert, reste un mystère. « Dès qu’une sortie est organisée sur le terrain, nous envoyons des spécialistes sur le terrain, et ce, quelle que soit la discipline : géologie ou anthropologie, par exemple, souligne Farid Ighilahriz, directeur de l’Office national du parc de l’Ahaggar. Cet acte scientifique est lié à notre mission de conservation. » Dans ce sens, à Mertoutek, un des sites les plus visités – il est une des voies d’accès vers le massif de la Tefedest – un aménagement est prévu pour préserver le site. « Nous allons concevoir un petit musée de site, un espace où les artisans pourront vendre leurs produits artisanaux mais aussi alimentaires comme les fromages séchés, et un espace d’accueil pour les chercheurs et les étudiants, énumère Farid Ighilahriz. Cette structure qui est également un poste de contrôle et de surveillance sera équipée en énergie solaire. Avec l’accord de la population, nous prévoyons également d’interdire l’accès aux véhicules au-delà du poste de contrôle et envisager un déplacement en âne. » Il en va de la survie de l’oued grâce auquel les quelques habitants du site vivent, via la culture de tomates, d’abricots, de figues, de nèfles ou de raisin.

Miracle

Grâce à un petit cours d’eau sinueux que l’on devine fragile, les parcelles cultivées affichent un vert équatorial à peine croyable sous les plus de 30 degrés de cette sèche matinée d’avril. « Notre parc est une zone hyperaride où toute existence de vie relève du miracle, explique Djazia Ouchen, zoologue et sous-directrice de la zone d’Idelès de l’OPNA. Tous les milieux naturels sont fragiles, mais ceux de l’Ahaggar le sont encore plus. Si une espèce disparaît pour cause de désertification, on n’y peut rien, la nature impose ses lois. Nous devons simplement veiller à ce que la vie suive son cours. En d’autres termes, lutter contre le pillage ou le braconnage et limiter les impacts de la pression anthropique. » De cette pression, les sites de Tit et d’Amekni, à 40 km au nord de Tamanrasset dans la région de l’Aghechoum, en subissent chaque jour les conséquences. Les habitants de la ville de Tamanrasset notamment viennent en pique-nique et on devine le passage de visiteurs tout le long du discret cours d’eau dissimulé au milieu de la Typhaie, au bord duquel on trouve des couches-culottes et des sachets en plastique. L’OPNA a ainsi décidé d’aménager le lieu avant de proposer sa classification en secteur sauvegardé, une sorte de label le mettant définitivement à l’abri de dégradations ou de constructions anarchiques. « C’est un site très riche, insiste Messaouda Benmessaoud. Les gisements préhistoriques attestent d’une présence humaine très ancienne. Le site néolithique abrite également des gravures et peintures de 5000 à 6000 ans et des inscriptions libyco-berbères. On trouve aussi une petite mosquée de la période islamique et une casbah comprenant un silo pour les récoltes. » Les scientifiques pensent que la présence humaine entre Tit et Amekni, à quelques kilomètres, ne s’est pas interrompue. « Les fouilles, qui remontent à 1969, ont permis de mettre au jour des galets aménagés similaires à ceux trouvés en Afrique de l’Est et qui remontent à plus de deux millions d’années… Les céramiques, qui remontent à 10 000 ans, sont quant à elles parmi les plus anciennes au monde. » Un parcours va donc être aménagé, animé par un guide chargé d’informer les visiteurs sur les sites et de les sensibiliser. A Afilal, une guelta cachée au milieu des rochers sur la route, à 60 km au nord de Tamanrasset sur la route menant à l’Assekrem, des mesures plus draconiennes ont été prises pour interdire l’accès des véhicules au point d’eau. « Il y avait beaucoup trop de voitures. Elles perturbaient le lieu, véritable centre de gravité et importante escale pour les oiseaux migrateurs », souligne Djazia. Un abreuvoir salutaire trahi par la végétation de laurier-rose, les libellules qui virevoltent et les croassements de la grenouille verte ou du crapaud de Mauritanie, les deux seuls amphibiens de l’Ahaggar. Pendant les mois de migration, les plus chanceux pourront apercevoir de nombreux canards et de bruyants gangas arrivant en groupe. « La guelta se forme par l’oued qui arrive des hauteurs et alimente les oueds de Tamanrasset, explique la zoologue. Une fois la crue d’hiver terminée, l’eau reste emprisonnée dans la roche et même si le niveau baisse en fonction des saisons, il y a toujours de l’eau. »

Bleu lavande

De quoi faire le bonheur de la végétation. Après les pluies, le sol se couvre du rouge de l’oseille sauvage, du blanc de la fleur de câprier et de la menthe sauvage et du bleu de la lavande. « Nous avons recensé plus de 270 espèces végétales dont une cinquantaine très rares qui n’existent que dans le parc, parmi elles des lichens et des mousses, non identifiées. » Pour que le visiteur comprenne la valeur du milieu dans lequel il évolue, un autre projet est prévu à Tahabort, à 8 km de Tamanrasset, là où se trouve la célèbre source carbonatée. « Cette source d’eau gazeuse, unique dans l’Ahaggar, draine tellement de visiteurs qu’il était urgent d’aménager le site », explique Djazia Ouchen. Toute la difficulté étant d’organiser l’espace autour de la source sans y toucher, car nous ne savons pas d’où elle provient et nous risquerions de la tarir. Et d’imaginer une décoration telle que l’espace se fonde dans son environnement. « Le projet comprend un volet éducatif, avec un musée de site dédié à l’eau, un jardin botanique où seront plantées les espèces locales (acacia, palmier…) et un parc animalier. » On y trouvera des espèces domestiquées par l’homme, des petits perdus ou blessés que nous soignons avant de les redéployer dans leur milieu. Un autre volet, consacré aux loisirs et à la détente, prévoit la conception d’un circuit pédestre, d’une aire de pique-nique et d’un espace pour les produits artisanaux fabriqués dans le parc. Les chercheurs et les étudiants y trouveront enfin des chambres pour séjourner à l’occasion de leurs travaux de recherche. « Accompagner par la sensibilisation est essentiel. Aujourd’hui, la pression de l’homme est telle que l’on considère que les cinq à dix kilomètres dans le périmètre d’un village sont menacés. Depuis des millénaires, l’habitant de l’Ahaggar s’intègre naturellement dans son milieu, relève Mohamed Belghoul, chef de département des études et de développement du patrimoine naturel à l’OPNA. Mais cet équilibre "négocié" entre l’homme et la nature est aujourd’hui bien menacé. »
[ source ]
par Mélanie Matarese
El watan - Edition du 17 Avril 2008

Musée national de Cirta

museecirta
Fascinant royaume de Numidie


En moins de deux mois, le Musée national Cirta de Constantine a offert à 2010 visiteurs l’occasion de remonter le temps jusqu’à la période faste de l’Algérie numide, celle des rois Massinissa et Yughurta.


Ce voyage à travers l’histoire a réuni des écoliers, des membres de délégations officielles, des étrangers et même des officiers de l’ANP. Des « explorateurs » d’un autre temps, venus « creuser » dans l’immense trésor du royaume de Numidie que préserve soigneusement le Musée national Cirta de Constantine. Minutieusement disposées dans la principale salle et les couloirs du musée, des dizaines de pièces archéologiques remontant à cette période fastueuse étaient exposées du 7 février au 10 avril. La Numidie, signifiant pays des nomades, est une ancienne province de l’Empire romain qui était peuplée de tribus berbères. Le peuple numide avait pour capitale l’antique Cirta et était gouverné par plusieurs rois célèbres comme Gaïa, Massinissa, Micipsa et Jugurtha. Deux cents pièces archéologiques et objets précieux, notamment ceux découverts dans le tombeau du roi Massinissa, situé dans la commune d’El Khroub, soit à 16 km du chef-lieu de la wilaya de Constantine, servent justement de repères généalogiques et chronologiques de la dynastie des Numides. Cela étant, outre cette exposition, au demeurant fort intéressante, la direction du Musée Cirta prévoit d’autres manifestations culturelles à l’occasion du mois du patrimoine qui s’étalera du 18 avril au 18 mai de l’année en cours. Durant cette période, le musée prendra sa valise pour se rendre, tour à tour, dans les wilayas de Skikda, Guelma, Jijel, Aïn M’lila et Oum El Bouaghi. Une « valise muséale » qui racontera, au fur et à mesure de ses escales, l’histoire de l’Algérie numide. La direction du Musée Cirta a déjà initié, en décembre 2007, une manifestation similaire à travers les écoles de la wilaya de Constantine.

Le musée est allé, en effet, au devant des élèves pour que ces derniers fassent connaissance avec l’histoire grâce à la contribution de guides et de conférenciers qui se sont déplacés dans des établissements scolaires pour présenter des outils archéologiques relatifs à la préhistoire, aux périodes romaine, numide… de l’Algérie par le biais de micro-ordinateurs portables, de data show ou encore de diapositives. Une manière d’insuffler aux élèves l’amour de l’archéologie et de la culture qui passe inéluctablement par une visite au musée, carrefour des civilisations et lieu de toutes les richesses. Justement, l’un des fabuleux pans de l’histoire de notre pays, la période numide en l’occurrence, constituera le thème d’un colloque national qui sera organisé conjointement avec le Centre national de recherche en archéologie. Au menu de cette rencontre de deux jours, les organisateurs prévoient des conférences sur le sujet ainsi qu’une sortie, le troisième jour, sur le site fabuleux de Medracen, dans la wilaya de Batna, un imposant dôme borné de colonnes surmontées de chapiteaux.

Cela étant, le mois du patrimoine sera, par la suite, clôturé par des journées portes ouvertes sur le Musée Cirta. Un musée dont la création remonte à 1931. A l’origine de sa création, une société d’archéologie fondée en 1852 par MM. Creully, Renet et Cherbonneau. Ces derniers utilisaient, au préalable, un local situé au niveau de Rahbet Ledjmel (Place des chameaux), en plein cœur de la vieille ville de Constantine pour y conserver les vestiges et les inscriptions relatant l’histoire de la Cité antique. Mais quand la municipalité de l’époque a acquis certaines collections, la mairie a donc été contrainte d’accorder deux salles aux membres de cette société d’archéologie pour entreposer leurs « trésors », le temps que l’actuel édifice voie le jour au niveau du Koudiat Aty. L’emplacement du musée n’était pas fortuitement choisi, puisque ce lieu était une nécropole numido-punique recelant, en outre, bon nombre de richesses dans ses entrailles. C’est donc à la faveur de l’exiguïté des lieux à l’hôtel de ville, trop étroit pour contenir les outils archéologiques et autres anciennes collections, que le Musée Cirta a vu le jour et ouvert ses portes un certain 15 avril 1931.

Il avait été baptisé du nom de Gustave Mercier, à l’époque secrétaire général de la société d’archéologie, avant d’être rebaptisé, le 5 juillet 1975, Musée Cirta et élevé au rang de musée national en 1986. Il s’étend sur une superficie de 2100 m2 dont 1200 m2 de bâti et 900 m2 pour le jardin. Ce dernier renferme des stèles et des sculptures anciennes. « Classé deuxième en Afrique du Nord en matière d’archéologie après celui d’Egypte », selon sa directrice, Mme Hadfi Samia, le Musée national Cirta comprend trois sections : archéologie, beaux-arts et ethnographie. La première comprend des milliers de pièces archéologiques (des fossiles d’ours et de mouflon, de la céramique, des bijoux…), dont une partie est exposée dans les salles du musée. Dans la seconde section se trouvent les peintures, les sculptures et les aquarelles, alors que la dernière recèle des pièces antiques comme les tapis, le cuivre, les habits traditionnels et divers manuscrits anciens. Selon la directrice du musée, l’inventaire a été finalisé à 100%, alors que la photographie est en cours. La responsable du musée n’en dira pas plus. Nous n’en saurons pas davantage donc sur les résultats d’un inventaire qui a traîné longuement et suscité beaucoup de questions par le passé. Cela dit, les richesses archéologiques détenues par le Musée Cirta sont entretenues par des chercheurs qui s’occupent, nous dit-on, de les conserver, en sus de l’aménagement des salles de réserves. Mais, gérer le musée et, partant, la riche histoire de toute de la région cirtéenne, est l’affaire d’une soixantaine de personnes entre personnel technique, gardiens de salles, conservateurs et attachés de recherche et, enfin, administratifs. A noter, enfin, que 12 191 visiteurs, dont 1895 étrangers, se sont rendus au Musée Cirta en 2007. Mme Hadfi se dit satisfaite de cet engouement, mais espère plus de « curieux » en 2008, surtout parmi les plus jeunes…
[ source ]
par Lydia R.
El watan - Edition du 17 Avril 2008